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Procès de la vitesse.

Pendant plusieurs années, la vitesse nous a permis de nous développer. Mais depuis l’émergence des nouvelles technologies, nous avons le doigt dans un engrenage que nous n’arrivons plus à maîtriser.

En 1901, l’expression « New-Yorkite » fut créée par le docteur John GIRDNER. Les symptômes de la pathologie étaient, entre autres, nervosité, rapidité et impulsivité.

En 1982, le concept de « maladie du temps » a été développé par le médecin américain Larry DOSSEY. Il s’agit d’une croyance obsessionnelle selon laquelle « le temps s’enfuit, qu’il n’y en a pas assez et qu’il nous faut pédaler pour le rattraper ».

Au Japon, il existe un mot pour désigner « mort par surmenage » : « Karoshi ».

Couplez « vitesse », « temps » et « argent », vous obtiendrez le cocktail explosif de nos sociétés de consommation. Exploiter toujours plus, toujours plus vite pour maximiser les profits. Il existe d’ailleurs une expression légendaire : « le temps, c’est de l’argent ».

Or, très souvent, la vitesse est autoritaire, agressive, stressée, superficielle et privilégie la quantité à la qualité.

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La fascination pour la vitesse a développé un phénomène catastrophique : « le court-termisme ». L’intérêt qui prime est celui du profit immédiat quitte à laisser à nos descendants des sols infertiles, des ressources épuisées, une pollution importante…

Cette vision « court-termiste » altère nos jugements :

  • Nous ne prêtons plus attention aux conséquences de nos actes sur le long terme (qui peuvent être terribles),
  • Nous sommes déconnectés de la réalité,
  • L’immédiateté et l’intérêt personnel prévalent dans les relations sociales.

Et le développement des nouvelles technologies n’aide en rien si nous ne maîtrisons pas leur utilité.

Le concept Tempo Giusto.

Pour tenter de remédier au problème, le terme « tempo giusto » a été développé par Carl HONORE dans son livre « Eloge de la lenteur ». Il s’agit de trouver le bon rythme propre à chacun. Les allemands, eux, utilisent le mot « Eigenzeit ». Eigen signifiant « propre » et zeit « temps ». Autrement dit, en français, « à la bonne vitesse ».

L’idée est de resynchroniser une partie du rythme humain sur celui de la nature. On ne peut plus imposer une vitesse illimitée à l’ensemble de la planète. Au niveau environnemental, la surexploitation au nom du profit détruit les sols. Il faut laisser la nature aller à son tempo giusto. Je ne sais plus quel auteur disait à juste titre : « quand arrêterons-nous de croire qu’il faut tirer sur la tige pour faire pousser une plante ? ».

D’un point de vue humain, chacun doit trouver son tempo giusto. Pour Monsieur A, la vitesse sera peut-être lente alors que Madame B ira 2 ou 3 fois plus vite que lui. Mais chacun se sentira à l’aise car ces derniers laisseront s’exprimer leur rythme naturel.

Comme évoqué dans la partie « présentation », il ne s’agit pas d’être lent et mou ! Il s’agit de bien doser sa cadence : savoir aller vite lorsque nécessaire mais aussi prendre le temps quand la lenteur s’impose.

Par exemple, si vous roulez sur autoroute à 180 km/h, ralentir ne veut pas obligatoirement dire aller à 50 km/h. En vous calant à 130 km/h, vous êtes à la bonne vitesse.

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Les notions de lucidité et de discernement sont aussi très importantes dans le Slow.

Si vous deviez retenir un seul mot pour parler du tempo giusto, je conseillerais le même que Carl HONORE : équilibre.

  • Références :
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