Préambule sur le Slow Art.

Il s’agit de la partie du Slow qui encourage la modération dans le domaine de l’art. Prendre plus de temps avec les œuvres plutôt que les enchainer.

J’ai choisi de regrouper ici plusieurs ramifications liées à l’art : Slow Architecture, Slow Book, Slow Media et Slow Music.

pencil art crayons

Slow Architecture.

Slow Architecture défend l’idée d’une construction durable, respectueuse en terme d’environnement, de social et d’éthique.

architecture plans dessin picture

On trouve dans Slow Architecture la notion de « Slow Build » développé par le lauréat du prix Pritzker 2012 (équivalent du prix Nobel pour l’architecture) l’architecte chinois Wang SHU. Le mouvement milite pour une architecture se fondant dans le décor et utilisant des matériaux pérennes dans le temps.

La valeur « contemplation » est aussi un point important de la « Slow Architecture ». Observer la construction comme une œuvre d’art. Un autre critère majeur du mouvement est celui de la proximité avec les ouvriers (qui rappelle le Slow Management).

Quelques exemples de Slow Architecture :

wang-shu-ceramic-maison-house-Jinhua-chine1
hangzou-campus-beaux-arts-ecole-architecture-pritzker1 - Crédits photos-Lv Hengzhong
Credits photos-Lv Hengzhong

Slow Architecture met en avant l’idée que le métier possède une dimension civique et écologique dans le sens où les ressources utilisées doivent être calculées minutieusement pour limiter l’impact environnemental.

Slow Book.

Ce mouvement est né en Italie au printemps 2009. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, Slow Book ne défend pas l’idée d’une lecture plus lente.

Dublin book bookshlef library bibliothèque

Il s’agit, entre autres, de mettre en avant des livres qui ne bénéficient pas d’une large couverture médiatique. Cela concerne, par exemple, les auteurs indépendants locaux ou régionaux. Ou encore, les livres qui amènent à la réflexion et qui vont à contre-courant de la pensée générale.

Un des axes du Slow Book est d’augmenter le temps de présence des livres en rayon et de promouvoir des livres plus « outsiders ». Slow Book est aussi étroitement lié aux librairies de quartiers ou de ville.

Ce mouvement permet de renforcer le libre-arbitre du lecteur en diversifiant l’offre littéraire. Pour les intéressés, rendez-vous sur Lekti Ecritures.

Slow Media.

Dans un monde où l’ultra connexion prime et où le flux d’informations se déverse en non-stop, il est difficile pour les médias de maintenir une qualité sur le décorticage de l’information. Ajoutez à cela la gratuité de plus en plus présente et le cocktail finit par être indigeste. Slow Media tente de remédier au problème en privilégiant la qualité de l’information plutôt que la quantité.

social medias

Pour faire de l’audience et suite au développement du digital, les médias doivent absolument balancer de l’information en flux continu. Résultat, les rédactions privilégient la recherche de titres accrocheurs et sensationnels plutôt que creuser et réaliser de vraies recherches profondes sur les sujets importants du moment. De ce fait, un phénomène est apparu dû à « la course à la quantité d’infos » et est maintenant courant : celui de « la reprise de l’information ». Dans l’article « Médias, économie et sociologie de la connaissance économique », Philippe STEINER explique que « les journalistes se lisent les uns les autres et, ainsi, sont amenés à se citer les uns les autres, ce qui revient à multiplier les supports dans lesquels les mêmes informations sont reproduites ». Globalement, les journalistes ne recoupent plus les informations, mais se font confiance les uns les autres. A comprendre : si le donneur d’info se trompe, l’erreur est multiplié sur tous les supports.

Autre problème lié à cette quantité illimité d’infos, le public est privé d’un temps de réflexion sur le sujet évoqué et ne se fait aucun avis personnel profond.

newspaper journal

Pour lutter contre l’infobésité de mauvaise qualité, un collectif de citoyens et de professionnels s’est réuni sous la bannière « Slow Media ». Cette branche du « Slow » appelle à consommer de l’information de qualité, locale et nutritive.

Suite au développement de cette philosophie, des journalistes allemands ont publié un manifeste du Slow Media dans lequel on retrouve 14 points parmi ceux-ci : les Slow Media visent le perfectionnement ou encore les Slow Media respectent leur usagers.

Il n’est donc pas étonnant de voir émerger le « Slow Journalism ». Ce dernier va produire un support de qualité au contenu riche et recherché. Il est apparu comme support papier des Magbooks (aussi appelés Mooks). C’est un intermédiaire entre le livre et le magazine. Des sites web existent aussi tel que GlobalMagazine, Mediapart ou encore Fakir

Slow Music.

C’est parce que la démarche Slow Music existe qu’elle mérite d’être connue. Il s’agit tout simplement de privilégier les musiques au tempo lent et aux sonorités douces. Ce sont les mélodies qui permettent l’ouverture de l’esprit (musique zen, électro doux…).

piano musique music papier paper

Pensée personnelle sur le Slow Art. 

Dans l’ensemble, je reste réservé sur la partie « Slow Art ». En effet, l’art étant un domaine très subjectif, il est difficile d’émettre une critique globale. Même si le fait de prendre son temps dans cet univers me semble être une bonne chose, les goûts et les couleurs sont difficilement discutables.

Par exemple, pour la musique, encore faut-il aimer le tempo lent, l’ambiance sonore…

A contrario, prendre le temps pour les médias, me paraît être judicieux afin de retrouver une certaine qualité de l’information et limiter le phénomène de « reprise de l’info ».

  • Références :
  •  
  •  
  •  
  •  
  •